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Vîrus est-il le nouveau Jehan-Rictus ?

Vîrus est-il le nouveau Jehan-Rictus ?

Peu d’artistes de rap français auraient osé le faire. Pourtant Vîrus s’est pris au jeu. Il a repris les poèmes d’un grand auteur français. J’ai nommé Jehan-Rictus. Vîrus nous fait donc part d’une grande ouverture, et d’un courage à toute épreuve. Difficile de nommer ce que je ressens lorsque je me dois d’écrire sur Vîrus. Il m’a accompagnée durant les moments les plus sombres. Tant de réalisme émanant de ses propos. Tant de constats amers sur ce monde.

Marasme, un mot qui semble lui correspondre

Oui, Vîrus nous prouve de par ses propos que la vie et son mal-être sont des choses quasi insaisissables, mais qu’il trimballe comme un boulet, se complaisant peut-être dans cette situation. En même temps, le comprendre apparaît comme une quasi évidence. Comme il le dit dans Reflection Eternal :

« J’ai bien l’intention d’aller mieux, un jour. Mais il se peut que je trouve ça lourd au bout de deux »

Et puis, il y a toutes les problématiques qu’il aborde, qui semblent le tourmenter. Les hôpitaux dans « Self Madman », la prison dans « Navarre », ou l’alcool dans « Marquis de Florimont ». Il se demande souvent si il n’est pas en train de sombrer dans la folie. Dans sa folie. Pourtant, ses oeuvres sont teintées d’un réalisme profond. Un humanisme semble se dégager de cette solitude lancinante et de ses multiples paradoxes.

Jeux de mots, un terme qui sied à Vîrus

Bien évidemment, comme un poète des temps modernes, il écrit. Beaucoup. Un personnage prolifique qui manie les mots. Et la rime. Il navigue, virevolte sur les chants des vagues. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Vîrus semble adorer la langue française, et nous lui remercions. Un exemple parmi tant d’autres :

« Mi-fougue, mi-raison »

Focus sur « Champion’s League »

L’oeuvre la plus marquante selon moi, est certainement ce cri de détresse qu’il nous envoie avec son titre désormais parmi mes classiques du rap français « Champion’s League ». Ce dernier explique dans le refrain que la révolution ne se fera jamais, car le peuple est trop distrait par ce que la société a voulu nous faire ingurgiter. Et ça a fonctionné. La critique acerbe d’un système bien rôdé. Mais, il nous fait part aussi dans cette track de la différence des castes sociales. De beaucoup de problématiques sociétales. Un sociologue se cacherait-il derrière cette âme meurtrie ?

Un univers complexe, un personnage qui semble avoir pris de la bouteille avec ses blessures qu’il ne parvient pas à cicatriser. Il peut aller de l’avant. Ses oeuvres sont réussies.

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