Naps, le punchlineur à l'accent marseillais
Par Kiris ·
Un rapporteur de la street marseillaise émerge en puissance : il s'appelle Naps et son Rap se fait connaître même à Paname. À 17 ans, il fonde le collectif 11'43, puis quelques années plus tard prend un virage en solo et sort « Le quartier a ses raisons », qui cartonne sur YouTube. Après un album solo réussi, « Ma ville & ma vie » en 2015, Naps continue de balancer des sons qui frappent fort, dont le dernier en date avec YL et Graya. Prépare-t-il déjà un nouvel album ?
Interrogeons-nous sur la manière dont il opère
Ce n'est pas par hasard si Trunks Magazine s'intéresse à lui. Tout d'abord, sa voix épouse l'instru de manière juste. Il pose dans les temps, et ses messages durs sont adoucis par le vocoder, qui déforme peu sa voix puisqu'on peut déceler son accent de Marseille. Ce dernier lui donne une tonalité « michto » quand il rappe, au même titre que Jul, à l'origine du fameux street album « Lacrizeomic ».
Par ailleurs, les sujets qu'il aborde sont en lien avec les événements tristes présents sur le bitume du 13 000. Il expose aussi un univers paradoxal : d'une part, il évoque des notions dignes d'une « Buena Educación » (le respect, la loyauté, les valeurs…) ; d'autre part, Naps semble dégager une attitude nihiliste.
Pour finir, l'artiste marseillais commence à entrer dans le game. Depuis le morceau à succès « Ma Ville et Ma Vie », éponyme de l'album, on sent vraiment Naps dans le courant du rap français actuel. Il y évoque des sujets inhérents à la vie dans le ghetto, le grand kiff de sa ville et sa nostalgie des moments effacés par la vie mais restés en mémoire.
Bien que Naps rappe des sujets redondants, il semble détenir les capacités d'un artiste à succès. Je dirais même qu'il détient une technique que certains artistes dits « confirmés » n'ont pas. Il ne lui reste plus qu'à s'affirmer avec de nouvelles thématiques.